43 Avant-Goût « Nous avons réussi à baisser les intrants de 80% » Cultiver une banane de la variété Cavendish conforme au cahier des charges de la banane Guadeloupe Martinique, et plus encore à celui de Grand Frais, est un exercice exigeant. Outre leur calibre, les fruits ne doivent pas être piqués ou tachés. De plus, les bananeraies sont victimes d’un champignon, la cercosporiose. Contre lui, tout le monde ne lutte pas à armes égales. « Nous ne disposons que d’une seule molécule que nous pulvérisons depuis le sol en visant les feuilles du haut. » Même attitude quant aux mauvaises herbes. Union lutte avec un tracteur qui les coupe à ras et quand on ne peut pas faire autrement, avec la débroussailleuse. « Nous avons réussi à baisser les intrants de 80% en Martinique », affirme l’agriculteur. CGM, garé en bordure du quai de chargement. Chaque samedi, un semi-remorque emporte le conteneur à Fort-de-France où il sera chargé,en même temps que tous ceux des autres producteurs de Martinique, sur un porte-conteneurs à destination de Dunkerque.Le bateau reviendra ensuite avec des marchandises importées de la métropole. Lorsqu’elles embarquent,les bananes sont encore vertes et dures et contrairement à ce que l’on croit souvent,elles ne vont pas mûrir dans le bateau. « Surtout pas !, s’exclame Cyril de Reynal. On a dix jours de traversée et un ou deux jours de déchargement » durant lesquels une température constante de 13 degrés doit absolument bloquer toute évolution. Celle-ci n’aura lieu qu’à l’arrivée, dans la chambre de mûrissement.La montée progressive en température jusqu’à 18 degrés va permettre à l’éthylène,une molécule produite par la banane,d’amorcer la maturation. Quatre à six jours plus tard, les fruits auront développé les 246 composés organoleptiques à l’origine de leur saveur. « Entre la coupe et le mûrisseur, il faudrait qu’il ne se passe rien mais il se passe souvent quelque chose », soupire le planteur. La SARL Union est une entreprise familiale fondée par le père de Tanguy et Cyril de Reynal, qui « faisait de l’import-export de fruits exotiques et s’est mis à la production de bananes », explique Cyril. Les deux fils ont repris l’exploitation. La génération suivante pourrait-elle apporter des successeurs ? Comme souvent dans l’agriculture, « la question reste ouverte », dit en souriant Cyril de Reynal. •
RkJQdWJsaXNoZXIy NTY3Nzg=