Magazine Avant-Goût - Un hiver gourmand et coloré

14 Avant-Goût en période de fêtes ! Nous travaillons pour la démocratiser et ouvrons toutes les portes pour la faire connaître. » Une nouvelle épidémie (2008-2012) toucha de plein fouet la profession et mettra de nouveau à mal la Maison Quintin. La production baisse de 70 à 80 %. Son père, après ce deuxième coup du sort, se retire. « Il ne voulait plus mettre les pieds dans les bassins, commente Jeff. Il a fallu recommencer avec un cheptel proche de zéro sur les parcs, mais grâce à mon équipe et à ma mère, nous avons réussi à sortir du trou noir et à investir, mais petit à petit. » À la même période, Jeff a axé ses ventes sur le client direct, la boutique sur place et l’espace de dégustation. Dix ans plus tard, cette période, certes marquante, n’est plus qu’un mauvais souvenir. D’une part, l’épidémie qui frappait les huîtres a disparu, d’autre part, sa femme est Jeff Quintin a 42 ans. Curieux de toutes les nouvelles techniques, il a implanté sur ses parcs des « paniers australiens » (en haut). Dans ces petites nacelles placées face à la houle ou au courant, les huîtres, régulièrement « secouées », développent plus de chair. À droite : les huîtres sont contrôlées dans l’atelier après avoir été lavées. son père reprend l’activité pour en faire son métier unique.Très vite, c’est la catastrophe : une première épidémie ravage les parcs dans les années 1960 et son père se retrouve quasi ruiné. Les éleveurs tentent de réimplanter des huîtres du Portugal. Nouvel échec. Cette période marque la fin d’une ère ostréicole. À l’image des parents de Jeff, ceux qui ont survécu à cette tornade doivent tout recommencer à zéro. Le salut, provisoire, viendra… du Japon ! D’ où des souches d’huîtres creuses sont importées et implantées avec succès. Et de la vente directe pour les Quintin. « Chaque semaine, de 1975 à 2005, mon père, pour joindre les deux bouts, a fait le marché de Dreux, d’où est originaire ma mère. Il partait le jeudi midi avec sa vieille camionnette, roulait huit heures sur les départementales, pour reprendre la route le vendredi midi. » Trois décennies plus tard, en 2001, Jeff a rejoint l’entreprise avec la volonté de faire les plus belles huîtres. « Paradoxalement, la génération de mon père produisait de gros volumes. Aujourd’hui, nous en produisons moitié moins car à l’époque, ce n’était pas toujours rentable, les prix étaient trop bas vu les tonnages produits par la profession. Certes, l’huître était un produit noble,mais souvent consommée Après la disparition de l’huître plate, des souches d’huîtres creuses seront importées, avec succès, du Japon.

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