Pâques et même jusqu’à début mai.À son apogée, le chasselas de Thomery produit plus de 800 tonnes sur 150 hectares.À cette époque, il est livré jusqu’au ventre de Paris (les halles chères à Émile Zola) par voie fluviale sur de petits bateaux à fond plat appelés « margotats », explique Serge Schall qui raconte aussi qu’« il est vendu dans toute la France, comme produit de luxe, et à l’étranger jusqu’à la cour de Russie. Pécuchet, le comparse de Bouvard (dans le roman éponyme de Gustave Flaubert), signale qu’“à Saint-Pétersbourg, pendant l’hiver, on paye le raisin un napoléon la grappe !” ». Malgré tout, le raisin sert principalement à la production du vin.Il faudra attendre le début du XXe siècle pour voir une production entièrement dévolue aux raisins de table,comme le souligne Colette Olive dans 36 façons d’accommoder le raisin (éd.Verdier, 1997) : « En 1949, la chute brutale des cours du vin et la distillation réglementée réhabilitèrent le raisin de table. La production augmenta d’année en année jusqu’en 1970,date de la création de la CEE qui correspond en France à une chute des superficies cultivées. » Si les treilles domestiques ont peu à peu disparu des villages d’antan, les raisins de table sont cultivés un peu partout dans le monde et disponibles sur une large partie de l’année. De la corbeille à fruits à la cuisine, le raisin autorise tous les accommodements gourmands. Pour les plus grands des plaisirs. • 33 Avant-Goût Carte postale ancienne. Départ pour les vendanges dans la région de Chablis. Le Triomphe de Bacchus de CharlesJoseph Natoire (1700-1777), 160 x 194 cm. Musée du Louvre, Paris, France. © Bridgeman Images/Leemage © Jean daniel Sudres/Aurimages
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