herbes potagères.Il débarque en Amérique grâce à Christophe Colomb (1451-1506) et ses marins,qui en font grande consommation pour lutter contre le scorbut. C’est que l’on prête à l’oignon de nombreuses vertus médicinales – comme soigner les verrues – associées à des croyances et à des superstitions : au Moyen Âge, on accrochait un bouquet d’oignons aux portes des maisons pour éloigner la peste.« Une jeune demoiselle qui dort avec un oignon sous son oreiller rêve à son soupirant, il ne fallait pas laisser un oignon ouvert sur une table sous peine d’attirer les plus grands malheurs », raconte Céline Hess Halpern dans L’oignon fait des merveilles3. Aujourd’hui, la production mondiale annuelle d’oignons s’élève à 100 millions de tonnes. Dans l’Hexagone, chaque ménage en consomme en moyenne 5 kilos par an et la soupe à l’oignon reste un symbole fort d’une cuisine française joyeuse et conviviale. Qui n’a pas le souvenir, après une nuit blanche, d’un bol réconfortant de bouillon de bœuf avec ses oignons caramélisés,ses croûtons de pain et son fromage râpé ? Dans la tradition des nuits de noces, on se doit de la servir au lit aux jeunes mariés et dans un pot de chambre. On vous l’avait bien dit, l’oignon est partout. • 1. Éd. BPI. - 2. Éd. Grancher. - 3. Éd. Alpen. © Heritage-Images/The Print Collector/Akg-Images Carte postale de 1910. Marchandes d’oignons sur le marché de Morlaix, place des Jacobins. Aujourd’hui, en France, chaque ménage en consomme 5 kilos par an. LES JOHNNIES DE ROSCOFF Rapporté au XVIIe siècle du Portugal par un moine capucin, l’oignon de Roscoff est cultivé dans le haut Léon, ce jardin de la Bretagne situé au nord du Finistère. En 1828, un paysan décida de charger une gabarre d’oignons et d’aller les vendre en Grande-Bretagne, grosse consommatrice d’oignons mais qui en produisait peu. Ce fut le début de l’histoire des Johnnies (« Petits Jean »), du surnom donné par les Britanniques aux paysans de Roscoff qui se faisaient marchands d’oignons ambulants outre-Manche. Chaque année plus nombreux, les Johnnies quittaient Roscoff après le pardon de la Sainte-Barbe (troisième lundi de juillet) pour sillonner jusqu’au printemps suivant l’Angleterre où ils vendaient leurs tresses d’oignons en faisant du porte-à-porte. En 1929, ils étaient plus de 1 400 Johnnies à écouler 9 000 tonnes d’oignons en Grande-Bretagne. Puis l’activité déclina avant de connaître un regain, notamment par le biais d’Internet. L’oignon de Roscoff bénéficie d’une appellation d’origine protégée (AOP), tout comme l’oignon doux des Cévennes. 71 Avant-Goût © Im/Kharbine/La Collection
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