23 Avant-Goût les plus précoces (ici,ils en cultivent une vingtaine), cette opération débute aux premiers jours d’avril. Les plus tardives seront mises en terre fin juin. Le melon met environ trois mois pour arriver à maturité, ici, on en met donc en vente de fin juin à fin septembre.Sur un paillage plastique qui sert à conserver l’eau et l’équilibre des sols, un tracteur fait les trous et, derrière, les ouvriers agricoles recouvrent les jeunes pousses de terre. Des tunnels sont installés pour les protéger de la grêle et de tous les aléas climatiques. Puis les melons sont laissés à l’air libre afin qu’ils achèvent leur croissance. Et là, pour se rendre compte,ce sont entre 20 et 22 tonnes de melons à l’hectare qui vont être récoltées… à la main ! LEMELONN’ATTEND PAS En pleine saison, alors que l’entreprise ne compte que dix-huit salariés, ce sont plus de deux cents saisonniers qui rejoignent le Val de Sérigny. « C’est une des difficultés de notre métier, explique Robert : Quand j’ai démarré, nous travaillions avec des gens de la région.Aujourd’hui, nous devons faire venir tous ces travailleurs de l’étranger. Nous avons beaucoup de Bulgares, dont un professeur de faculté qui revient chaque année car il gagne mieux sa vie ici qu’en Bulgarie, Antoine et son grand-père assurent toute la production, du semis à l’expédition. Tout le savoirfaire consiste à garantir une fraîcheur absolue, donc à n’avoir aucun stock. Les commandes sont reçues le matin, les melons sont alors cueillis pour être expédiés le soir même. LE MEILLEUR du marché Quand Alexandre Dumas était rémunéré en melons… En 1864, quand la bibliothèque municipale de la ville de Cavaillon a voulu rajouter à son fonds de collection Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo et ses autres ouvrages, Alexandre Dumas, fin gourmet, a demandé en échange à être rémunéré par une rente viagère de douze melons par an ! des Marocains,des Équatoriens… » À charge pour Robert et Antoine d’assurer le logement, la nourriture et la logistique pour tous ces saisonniers. « Le marché du melon est très réactif, souligne Antoine, s’il fait beau nous aurons plus de commandes que s’il pleut. » Tout le savoir-faire consiste à garantir une fraîcheur absolue, donc à n’avoir aucun stock. Les commandes sont ainsi reçues le matin, les melons sont cueillis mûrs dans la matinée avant de passer dans l’immense hall de conditionnement. Là, ils sont nettoyés, triés, calibrés, placés dans des colis, avant d’être expédiés le soir même.Car le melon n’attend pas : on ne le conserve pas. •
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