Grand Frais - Magazine Avant-Goût Été 2025

70 Avant-Goût les racines du cerisier. Originaire du nord-est de la Turquie pour certains,d’autres pensent qu’il viendrait du nord-est de l’Asie où la culture du merisier sauvage (Prunus avium) a débuté au IVe siècle av. J.-C. Par contre, l’origine grecque du mot cerise est reconnue par tous. » Ajoutez un brin de fable et le noyau vous restera encore coincé dans les méninges : une légende raconte que durant leur migration, des oiseaux laissèrent tomber des noyaux, et c’est ainsi que les cerisiers se retrouvèrent à l’état sauvage en France, en Europe,au Moyen-Orient et dans la région du Caucase. Il ne manque plus qu’un général romain et fine gueule pour nourrir ce clafoutis de polémiques où Rome et Athènes se disputent l’introduction du cerisier : en l’occurrence, il s’agit de Lucullus (118-56 av. J.-C.) qui aurait rapporté en Italie la « perle rouge » après sa victoire sur Mithridate au bord de la mer Noire. Une chose est certaine, c’est que ce sacré Charlemagne (v. 742-814) exige dans un article du capitulaire (acte législatif) De villis que l’on introduise dans ses jardins diverses variétés de cerisiers.Au XIVe siècle, le roi Charles V le Sage fait planter sur les rives de la Seine 1 125 arbres selon Michel Rocher, qui raconte cette histoire aussi sanguinolente qu’un jus de burlat : « À cette même époque, le fruit servait par ailleurs à la rémunération des bourreaux qui avaient le droit de prélever sur les marchés autant de poignées de cerises qu’il y avait de paniers. » DES CERISIERS LOUÉS À L’HEURE Cela ne coupait visiblement pas l’appétit de nos ancêtres car « au Moyen Âge, les cerises étaient très appréciées en France et consommées en dessert, crues ou cuites dans le vin.La texture et la finesse du bois de cerisier étaient également recherchées en menuiserie, explique France Saïe-Belaïsch. Si le souvenir de Louis XIV est associé aux Carte postale de 1910 : récolte et tri des cerises à Hyères. Enluminure du XIVe siècle conservée à la Bibliothèque nationale de Vienne. Le Japon voue un véritable culte à la cerise. Chaque printemps, une fête consiste à admirer les fleurs des cerisiers. Des piqueniques ont alors lieu dans les parcs et les cimetières.

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