utour de Visseiche, en Ille-et-Vilaine, Sylvain Meneust, 35 ans, gérant des Vergers d’Armorique, cultive 48 hectares de poires et 9 hectares de pommes. Dans les années 1980, du temps de son grand-père, l’exploitation familiale faisait exactement l’inverse, quoique sur des surfaces beaucoup plus modestes. La poire, fruit plus fragile et plus exigeant que la robuste pomme, était alors une production marginale. Pourquoi avoir changé ? Les chiffres l’expliquent. La France, en 2025, produit plus de pommes qu’elle n’en consomme (un gros tiers part à l’exportation) et pile le contraire pour les poires,avec deux tiers de la consommation hexagonale importée de Belgique, des Pays-Bas… On mange toujours à peu près dix fois moins de poires que de pommes, mais seule la première offre des perspectives de croissance.« S’il y avait le double de poires françaises, elles seraient vendues », résume Sylvain Meneust. L’ART DU VERGER Réparties sur plusieurs sites, les lignes de poiriers des Vergers d’Armorique comportent trois variétés, la conférence (60 %), la doyenné du comice (30 %) et la williams (10 %). L’art du verger a ses règles : Sylvain doit mélanger les espèces entre elles pour favoriser la pollinisation, tailler en novembre, éclaircir les fruits en mai pour n’en garder que cent vingt par arbre (sur plusieurs centaines possible) afin de favoriser la croissance des bourgeons de la saison suivante. Un poirier peut vivre vieux. « Nous en avons qui ont 70 ans », dit A VISSEICHE, ILLE-ET-VILAINE (35) LA REVANCHE DE LA POIRE 50 Avant-Goût À 35 ans, Sylvain Meneust représente la troisième génération à la tête des Vergers d’Armorique. Il a fait évoluer l’exploitation familiale de la production de pommes vers celles des poires. Dans les cageots trois variétés : conférence, doyenné du comice et williams.
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