53 Avant-Goût Derrière de grandes portes, d’immenses zones sont réfrigérées en « froid négatif » à - 0,5 degré avec un pourcentage d’hygrométrie le plus haut possible, 92,3 % ce jour-là. Cette humidité est capitale car « le fruit ne se déshydrate pas et la qualité reste optimale », explique Sylvain Meneust. Les taux de fermeté et surtout de sucre sont contrôlés chaque semaine pendant ce séjour réfrigéré, de sorte que la poire part vers les rayons ni dure, ni blette, juste bien. Grand Frais peut ainsi proposer des fruits immédiatement consommables. Ce mode de conservation sans chimie, fondé sur la maîtrise du froid, de l’humidité et du temps, exige une grande précision et de solides investissements. « À l’époque de mon grand-père,produire des fruits était juste intuitif, raconte Sylvain Meneust. Maintenant, il faut aussi être un bon technicien. » PRÉOCCUPATION ENVIRONNEMENTALE Il doit aussi faire face au changement climatique : « Chaque année, il se passe quelque chose d’imprévisible qu’on n’a pas anticipé. » Dans ses vergers, dès que les fleurs ont fané et que la pollinisation s’est achevée, tous les arbres sont placés sous des filets pour les protéger de la grêle. « Il y a quinze ans,on ne prévoyait pas forcément Dans les cageots destinés à Grand Frais, les fruits sont disposés à la main avec soin. Leur prochaine étape les mènera dans les frigos où un froid négatif et une haute hygrométrie permettront de conserver ces fruits cueillis à maturité et d’étaler leur commercialisation sur plusieurs mois. de les déployer.Maintenant on a de la grêle un an sur deux et les filets sont obligatoires. » Même chose pour les différents dispositifs antigel destinés à protéger les fruits et les bourgeons en cas de gel tardif. « En dix ans, on les a utilisés quatre fois.Avant, c’était tous les dix ans ! » Enfin, dans cette pluvieuse Bretagne, « on n’arrosait presque pas mais les besoins d’arrosage augmentent d’année en année », soupire-t-il. La préoccupation environnementale a modifié l’exploitation. Devant la station de conditionnement, un gigantesque panneau solaire sur pied pivote pour suivre la trajectoire du soleil. De nombreux autres sont fixés sur les toits des hangars, les eaux pluviales sont récupérées pour arroser les arbres, les fruits non conformes au calibrage sont transformés et les non-consommables envoyés au méthaniseur. En 2019, l’exploitation a été labellisée haute valeur environnementale (HVE). La certification Demain la Terre, agréée par le ministère de la Transition écologique, obtenue l’année dernière, est venue compléter cette reconnaissance.« On voulait officialiser nos bonnes pratiques », dit Sylvain Meneust. Demain la Terre les atteste : « Les Vergers d’Armorique mettent un point d’honneur à produire des poires de qualité, qui ont du goût,tout en respectant la nature, l’environnement et les femmes et hommes qui y travaillent », écrit l’association. • LE MEILLEUR du marché
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