72 Avant-Goût ou jaunâtre. Un bouquet d’étamines est disposé au centre des pétales. Le fruit, qui mûrit en fin d’automne ou en hiver, est une baie ovale de 5 à 9 centimètres. Il contient plus de mille petites graines. Les Chinois l’appellent communément mihoutao (« groseille de Chine »), mais le fruit est affublé d’une flopée d’autres noms : poire du macaque (les singes en raffolent), poire liane, souris végétale, pêche du mouton… Les Chinois se mettent à le domestiquer il y a douze cents ans. On le fait ses feuilles quand on la touche. Désormais Pierre Le Chéron d’Incarville peut satisfaire sa curiosité.Au XIXe siècle, les botanistes vont en Chine approfondir leurs connaissances sur le kiwi et ses multiples variétés.À l’époque, on le considère d’abord comme une plante ornementale. Selon le jardinier en chef du domaine de Versailles,Alain Baraton,épatant conteur de tout ce qui pousse*, le kiwi est introduit officiellement en France en 1904 à Paris et dans la région de Nice. LA NOUVELLE-ZÉLANDE, SA TERRE D’ADOPTION Au même moment,il est rapporté de Chine en Nouvelle-Zélande par Mary Isabel Fraser, une enseignante qui œuvre pour l’éducation des femmes. Entre Auckland et Wellington, on apprécie le fruit, mais sa culture reste là encore cantonnée aux jardins des particuliers et des collectionneurs de plantes rares. « Il faut patienter jusqu’en 1930 pour qu’enfin les consommateurs s’y intéressent C’est dans les jardins de l’empereur Qing Qianlong (17111799) que le père jésuite Pierre Le Chéron d’Incarville (1706-1757) découvre le kiwi et devient le premier à le décrire. Bien avant qu’il ne soit importé… Récolte à Te Puke, une ville au nord de la NouvelleZélande, qui affirme être la capitale mondiale de la culture du kiwi. ©AGF / Bridgeman Images ©J. Waddington © Zespri UN PEU D’HISTOIRE... Le kiwi pousser sous des tonnelles dans les cours intérieures des maisons. La médecine traditionnelle chinoise emploie le kiwi pour soigner l’estomac, le foie et la vessie.Avec l’écorce de l’Actinidia, on fait du papier sur lequel on écrit des poèmes à sa gloire. Pourtant, il faudra attendre le XVIIIe siècle pour que le kiwi se fasse connaître au-delà de la Grande Muraille de Chine. Pierre Le Chéron d’Incarville (1706-1757) est le premier à le décrire. Ce père jésuite, ancien étudiant du célèbre botaniste Bernard de Jussieu (1699-1777), a le sens de la diplomatie. Il lui faut accéder aux riches jardins de l’empereur Qing Qianlong (1711-1799). Pour ce faire, il lui offre des graines du Jardin du Roi (l’actuel Jardin des Plantes à Paris) et l’empereur est particulièrement séduit par la sensitive, une plante ludique qui referme Mary Isabel Fraser (1863-1942) a introduit le kiwi en Nouvelle-Zélande en 1904, de retour d’un voyage à Ichang, en Chine.
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