14 Avant-Gožt des conséquences pour les produits de la mer : « Nous souffrons du manque de pluie depuis le printemps.Une caractéristique de la baie,ce sont les apports nutritionnels venant de la terre via les rivières, indispensables pour l’équilibre de nos moules. Nous avons donc un gros retard de pousse et nous ne ferons pas une bonne saison. » TouT esT 100 % naTurel Le bateau est mis à la mer. Hugo prend les commandes. La yole, munie d’un puissant moteur,file à trente nœuds dans un paysage magnifique.En face la Côte d’Émeraude se dessine,à tribord le Mont-Saint-Michel… Pour les néophytes, impossible de se repérer au milieu des 300 000 pieux implantés dans la baie qui apparaissent au fur et à mesure que la mer descend.Mais quand on y travaille de génération en génération,pas de problème pour retrouver ses parcelles. Pour garantir une bonne récolte, il est indispensable de protéger les pieux sur lesquels se développent les moules avec des filets. Les araignées de mer et autres prédateurs peuvent détruire jusqu’à 20 ou 30% de la récolte. À droite : un «amphibie ». Ces bateaux, munis de roues pour pouvoir rouler comme flotter, servent à la récolte. Sur le pont, on distingue une mini-grue : elle permet de ramasser les moules le long des pieux. permet de se développer au fil des marées. Immergées à marée haute, elles s’ouvrent et, à marée basse, elles se trouvent hors de l’eau et se ferment,contrairement aux moules « de corde » qui restent immergées en pleine mer.Ce mouvement continu leur donne une chair plus ferme, plus goûteuse. ProTéger l’écosysTème Les moules de la baie du Mont-Saint-Michel, sont les seuls produits de la mer à bénéficier d’une appellation d’origine protégée (AOP). « L’AOP est très importante,nous [42 producteurs de la baie] l’avons obtenue en 2011, explique Sylvain. D’abord,elle représente une garantie pour le consommateur qui sait que ces moules ont été élevées dans des conditions optimales ! Dans la baie, l’eau est riche en nutriments et en biodiversité,ce qui donne à nos moules leur teneur en chair et ce goût si particulier. Et nous avons choisi de protéger notre écosystème : le taux d’ensemencement ne dépasse pas 55 à 60 % selon les zones,les 35 ou 45 % restants sont laissés en jachère, pour préserver les ressources nutritives. » Aujourd’hui Hugo et Sylvain ont choisi de ne pas récolter. « On est vendredi, la veille du week-end du 15 août », alors ils ont décidé de sortir avec la yole pour installer des naissains (très jeunes moules), 1 200 kilos tout de même ! Pendant que le tracteur nous amène à l’estran par cette journée caniculaire, Sylvain explique comment la sécheresse a aussi LE MEILLEUR du marché
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