Magazine Avant-Goût - Cet automne, on vous étonne

15 Avant-Gožt mer, macreuses ou goélands – s’attaquent à elles. Sur un des pieux, intact la veille, ils découvrent une belle araignée qui s’est frayé un chemin en déchirant les filets… « C’est l’un de nos gros problèmes,on peut perdre 20 à 30 % de notre récolte selon les secteurs. Pour les faire fuir, avec l’accord de l’administration et un suivi scientifique, nous faisons venir des“dragues anglaises”,pour appliquer une “procédure d’effarouchement” pour générer du bruit et des vibrations qui éloignent la majorité des araignées ! » Aussitôt, Sylvain ajoute : « C’est un métier passion. En saison, nous travaillons six ou sept jours par semaine, et ce sont des journées de douze heures.En fonction des marées,nous sortons en mer de nuit comme de jour, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il y ait du brouillard… » Il le pratique depuis trente-quatre ans. À bord du bateau, Benjamin Le Faou, directeur commercial de Cultimer, partenaire de Grand Frais, acquiesce. L’entreprise a été créée en 1999 par quelques producteurs qui se sont associés pour développer une structure commerciale. « L’objectif de Cultimer est de prendre en charge tout ce qui se passe après la récolte. » Fondée par et pour les producteurs, la société s’occupe de la commercialisation et passe les commandes aux éleveurs. Elle gère aussi le contrôle qualité,la gestion de la chaîne du froid,le respect des normes, les analyses bactériologiques, l’agréage, la traçabilité… Le tout, jusqu’à la mise en barquettes et l’expédition. Sylvain a adhéré à Cultimer en 2015. Hugo ajoute : « C’est un luxe de travailler ainsi, on a les commandes la veille, je sais exactement quoi pêcher, et on peut ainsi se consacrer exclusivement à notre métier. » • Environ vingt minutes plus tard, nous arrivons « sur zone ». Les deux hommes d’équipage, Erwan et Pascal, aidés par Sylvain, tournent les cordes de naissains autour des pieux. « Ces toutes petites moules proviennent des côtes atlantiques où elles sont captées naturellement sur des cordes de coco et rapportées en mai ou juin sur nos côtes.Tout ce que nous faisons est 100 % naturel », explique Sylvain. Ici, elles vont se développer pendant un an, avant d’atteindre quatre centimètres et d’être prêtes à consommer. Sur chaque pieu sont installées deux cordes. L’un prépare les clous, l’autre installe les moules, le troisième referme les clous.Pendant ce temps, Hugo a plongé pour vérifier que les cordes ne sont pas en contact avec le sable. « Quand elles auront leur taille adulte, on aura entre 50 et 60 kilos par pieu », précise Sylvain. Ensuite des protections sont installées sur les pieux car différents prédateurs – araignées de La mytiliculture (culture des moules) est le plus souvent une affaire de famille. Sylvain Cornée (à gauche, en haut) pratique ce métier depuis 34 ans. Il tient l’exploitation de son beaupère et a décidé d’en donner la responsabilité à son fils Hugo, 30 ans (à gauche, au milieu). À l’origine, ils revendaient leur production à des grossistes ou à des poissonneries. Aujourd’hui, ils travaillent avec Cultimer. Benjamin Le Faou (à gauche, en bas), directeur commercial de l’entreprise, s’occupe de « tout ce qui se passe après la récolte ». Environ 300 000 pieux sont implantés dans la baie du Mont-Saint-Michel. Ils apparaissent au fur et à mesure que la mer descend.

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