Magazine Avant-Goût - Cet automne, on vous étonne

73 Avant-Gožt précisément dans l’actuel Kazakhstan où les biologistes ont découvert il y a un siècle une immense forêt de pommiers sauvages, les Malus sieversii peuvent atteindre plus de trente mètres de haut et vivre plus de trois cents ans. Leurs pommes sauvages sont, paraît-il,non seulement comestibles et savoureuses,aux couleurs et aux goûts variés,mais elles possèdent des résistances exceptionnelles aux maladies et aux parasites. La pomme se propagera dans tout le bassin méditerranéen grâce aux caravanes de chameaux et de chevaux.De la Mésopotamie à l’Égypte, toutes les premières grandes civilisations cultiveront des pommiers. À la Renaissance, la pomme est considéRée comme « le chef de la gent fRuitiÈRe » La pomme sera fort appréciée durant l’Antiquité et le Moyen Âge.De nombreux monastères en feront leur spécialité et créeront de nouvelles variétés. Le droit féodal imposait aux serfs de payer une dîme au seigneur pour le droit de cueillir les pommes sauvages. À la Renaissance, la pomme est encore considérée comme « le chef de la gent fruitière »,pour reprendre la formule du médecin de Charles IX.Mais ensuite,pendant plusieurs siècles, on va lui préférer la poire. La rivalité entre la pomme et la poire avait commencé dès le Moyen Âge.L’historien Florent Quellier explique cette rivalité : « La pomme est un fruit de paysan,la poire un fruit de château.[…] Sous l’Ancien Régime,la poire était préférée à la pomme pour des raisons de délicatesse.Le bruit de la pomme que l’on croque est considéré comme ignoble pour la bonne société des XVIIe et XVIIIe siècles où il ne faut surtout pas faire de bruit en mangeant. » Mais la pomme,fruit le plus consommé au monde,a encore de beaux jours devant elle. Comme l’explique l’historien Michel Pastoureau,la pomme conserve tout son charme : « C’est une cuisine de grands-mères et de paysans. Même aujourd’hui, au cœur des villes,cette double dimension de la pomme n’a pas disparu : tartes, compotes, sucreries aux pommes continuent d’associer les grands-mères aux petits-enfants, de réunir la famille autour de la table et de répandre dans la maison une odeur de campagne. » • Vers 1900, gaulage des pommes en Normandie. À gauche : les Halles de Paris en 1940. Certaines pommes ne peuvent être consommées comme fruits mais se prêtent bien à des transformations, notamment en cidre. Ici, un pressoir à cidre en 1935. © Neurdein/Roger-Viollet © Roger-Viollet © LAP /Roger-Viollet

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