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Riche en oméga 3, vitamine D, calcium, phosphore, fraîche ou en conserve, peu chère, la sardine est plébiscitée par les consommateurs. Mais comment est-elle pêchée ? Reportage à bord de la Sardane.
Il est 20 heures. Le soleil se couche sur le port de Saint-Guénolé, situé à l’extrême sud-ouest du Finistère, l’un des principaux ports sardiniers. Les « bolincheurs » quittent le port. « Bolincheur », c’est le nom donné aux bateaux qui pêchent la sardine avec des grands filets appelés bolinches. Nous sommes à bord de la Sardane, un bateau de 16 mètres de long. Jérémie Gourret, 36 ans, en est le capitaine. Il possède son bateau depuis décembre 2016 et l’a refait à neuf en 2020. Il a été initié par son père, lui-même pêcheur, comme son grand-père, son arrière-grand-père et même… son petit frère, lui aussi patron pêcheur ! La pêche est son univers.

Les sardines sont repérées. La bolinche, ce filet de 350 mètres de long est largué. Le bateau met environ une demi-heure pour encercler le banc. Après l’équipage rapporte le filet vers le bateau. La bolinche sera alors remontée à l’aide d’un palan.
Éviter la surpêche
À bord, avec lui, un second, un mécanicien et quatre matelots pour assurer la pêche. L’équipage est arrivé vers 19 heures 30 pour charger la glace qui permettra de conserver la fraîcheur des sardines pêchées. Ils en embarquent entre 2 et 5 tonnes par jour. Ils ne savent pas pour combien de temps ils partent. La pêche peut durer quelques heures comme la nuit entière, cela dépend de la quantité commandée, « du feeling, de la chance… On a beau avoir de l’expérience, les bancs de sardines ne se trouvent jamais au même endroit ! C’est un métier complètement aléatoire, c’est pour ça qu’on aime ça. On peut revenir bredouilles ou, au contraire, trouver notre bonheur en quelques heures », dit en souriant Jérémie, ce pêcheur qui part à la chasse.
Seule certitude, la commande. Les mareyeurs et les conserveries passent leur demande auprès de Jérémie, cela peut être très variable : de 2 à 16 tonnes par jour. Ce système a un avantage de taille : il évite la surpêche et tous les gaspillages qui ont fait tant de dégâts : « Tout ce qu’on rapporterait en plus ne serait pas vendu, alors autant le laisser à l’eau et pratiquer une pêche responsable », explique Jérémie.
La pêche en elle-même commence vers 21 heures 30/22 heures. C’est à la nuit tombante que les bancs de sardines remontent vers la surface. Pendant la journée, elles nagent en eaux profondes, pour se mettre à l’abri de la lumière. Jérémie repère les bancs grâce aux deux sonars qui lui permettent de voir de 300 à 400 mètres autour du bateau.

Les sardines sont placées dans un container, dans un mélange d’eau et de glace qui va préserver leur fraîcheur.
Trouver le bon banc
Ce mardi 5 mai, la commande est faible : 2,5 tonnes. La pleine saison démarre en juin pour s’achever fin septembre. Une première zone rouge qui signale un banc de sardines apparaît sur un sonar. Jérémie le trouve trop petit, il poursuit sa navigation afin d’en trouver un à la taille idoine. À juste titre : quelques minutes plus tard, il repère un autre banc dont la taille lui convient. Tout va aller alors très vite : il faut larguer la bolinche, ce fameux filet de 350 mètres de long et 75 de hauteur. Le bateau trace un cercle et quand le banc est bien entouré, le filet est fermé, rapporté le long de la Sardane. Jérémie voit qu’il y a environ cinq cents kilos de trop. Il donne l’ordre de les laisser repartir en mer. Un palan remonte alors le filet à bord. Les sardines sont placées dans des bacs, dans un mélange d’eau et de glace qui va préserver leur fraîcheur jusqu’à l’atelier de préparation, où elles seront conditionnées. Elles seront ensuite livrées, entre autres, dans les magasins Grand Frais. La pêche du jour est assurée, Jérémie et son équipage peuvent rentrer au port.

Sur le chemin du retour. La quantité pêchée permet d’honorer les commandes passées à Jérémie. Le surplus a été laissé en mer. Des fiches sont préparées pour identifier et préparer chaque commande, dont celle de Grand Frais.
La sardine, un poisson qui rétrécit !
En une dizaine d’années, tous les professionnels de la filière peuvent en témoigner, la taille moyenne de la sardine est passée de 18 à 14 centimètres. Le plancton dont elle se nourrit a, lui aussi, rapetissé. Pour la plupart des scientifiques, cela serait dû au réchauffement climatique qui provoque une augmentation de la température de l’eau.
Riche en oméga 3, vitamine D, calcium, phosphore, fraîche ou en conserve, peu chère, la sardine est plébiscitée par les consommateurs. Mais comment est-elle pêchée ? Reportage à bord de la Sardane.
Il est 20 heures. Le soleil se couche sur le port de Saint-Guénolé, situé à l’extrême sud-ouest du Finistère, l’un des principaux ports sardiniers. Les « bolincheurs » quittent le port. « Bolincheur », c’est le nom donné aux bateaux qui pêchent la sardine avec des grands filets appelés bolinches. Nous sommes à bord de la Sardane, un bateau de 16 mètres de long. Jérémie Gourret, 36 ans, en est le capitaine. Il possède son bateau depuis décembre 2016 et l’a refait à neuf en 2020. Il a été initié par son père, lui-même pêcheur, comme son grand-père, son arrière-grand-père et même… son petit frère, lui aussi patron pêcheur ! La pêche est son univers.

Les sardines sont repérées. La bolinche, ce filet de 350 mètres de long est largué. Le bateau met environ une demi-heure pour encercler le banc. Après l’équipage rapporte le filet vers le bateau. La bolinche sera alors remontée à l’aide d’un palan.
Éviter la surpêche
À bord, avec lui, un second, un mécanicien et quatre matelots pour assurer la pêche. L’équipage est arrivé vers 19 heures 30 pour charger la glace qui permettra de conserver la fraîcheur des sardines pêchées. Ils en embarquent entre 2 et 5 tonnes par jour. Ils ne savent pas pour combien de temps ils partent. La pêche peut durer quelques heures comme la nuit entière, cela dépend de la quantité commandée, « du feeling, de la chance… On a beau avoir de l’expérience, les bancs de sardines ne se trouvent jamais au même endroit ! C’est un métier complètement aléatoire, c’est pour ça qu’on aime ça. On peut revenir bredouilles ou, au contraire, trouver notre bonheur en quelques heures », dit en souriant Jérémie, ce pêcheur qui part à la chasse.
Seule certitude, la commande. Les mareyeurs et les conserveries passent leur demande auprès de Jérémie, cela peut être très variable : de 2 à 16 tonnes par jour. Ce système a un avantage de taille : il évite la surpêche et tous les gaspillages qui ont fait tant de dégâts : « Tout ce qu’on rapporterait en plus ne serait pas vendu, alors autant le laisser à l’eau et pratiquer une pêche responsable », explique Jérémie.
La pêche en elle-même commence vers 21 heures 30/22 heures. C’est à la nuit tombante que les bancs de sardines remontent vers la surface. Pendant la journée, elles nagent en eaux profondes, pour se mettre à l’abri de la lumière. Jérémie repère les bancs grâce aux deux sonars qui lui permettent de voir de 300 à 400 mètres autour du bateau.

Les sardines sont placées dans un container, dans un mélange d’eau et de glace qui va préserver leur fraîcheur.
Trouver le bon banc
Ce mardi 5 mai, la commande est faible : 2,5 tonnes. La pleine saison démarre en juin pour s’achever fin septembre. Une première zone rouge qui signale un banc de sardines apparaît sur un sonar. Jérémie le trouve trop petit, il poursuit sa navigation afin d’en trouver un à la taille idoine. À juste titre : quelques minutes plus tard, il repère un autre banc dont la taille lui convient. Tout va aller alors très vite : il faut larguer la bolinche, ce fameux filet de 350 mètres de long et 75 de hauteur. Le bateau trace un cercle et quand le banc est bien entouré, le filet est fermé, rapporté le long de la Sardane. Jérémie voit qu’il y a environ cinq cents kilos de trop. Il donne l’ordre de les laisser repartir en mer. Un palan remonte alors le filet à bord. Les sardines sont placées dans des bacs, dans un mélange d’eau et de glace qui va préserver leur fraîcheur jusqu’à l’atelier de préparation, où elles seront conditionnées. Elles seront ensuite livrées, entre autres, dans les magasins Grand Frais. La pêche du jour est assurée, Jérémie et son équipage peuvent rentrer au port.

Sur le chemin du retour. La quantité pêchée permet d’honorer les commandes passées à Jérémie. Le surplus a été laissé en mer. Des fiches sont préparées pour identifier et préparer chaque commande, dont celle de Grand Frais.
La sardine, un poisson qui rétrécit !
En une dizaine d’années, tous les professionnels de la filière peuvent en témoigner, la taille moyenne de la sardine est passée de 18 à 14 centimètres. Le plancton dont elle se nourrit a, lui aussi, rapetissé. Pour la plupart des scientifiques, cela serait dû au réchauffement climatique qui provoque une augmentation de la température de l’eau.